Moufid ABAYOMIMoufid ABAYOMIFebruary 14, 2019
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Les premières réflexions et travaux sur l’intelligence artificielle datent des années 1950. Aujourd’hui, cette discipline, au cœur de tous les débats commence à bouleverser plusieurs secteurs d’activités. Avec l’émergence du big data, les travaux de recherche dans le domaine s’accélèrent. Voyons dans cet article, ses impacts dans le secteur de la banque et de la finance.

L’intelligence artificielle (IA, ou AI en anglais pour Artificial Intelligence) est un ensemble de théories et des techniques développant des programmes informatiques complexes visant à permettre aux machines de simuler certains traits de l’intelligence réelle (raisonnement, apprentissage……). Elle devient un logiciel réfléchissant à la place de l’humain et se retrouve implémentée dans plusieurs domaines tels que : le commerce, les transports, la santé, l’assistant personnel, l’industrie, l’environnement, la défense, la finance etc…

Aujourd’hui l’intelligence artificielle permet de réaliser une vision artificielle, la reconnaissance vocale, un diagnostic médical et le traitement de certaines pathologies, le traitement d’images et de vidéos, les analyses prédictives, l’automatisation de manière plus intelligente, la création de robots humanoïdes, la simulation de systèmes complexes, la réalisation d’œuvre d’art etc…

Avec l’avènement du Big Data, l’IA a commencé à changer certaines habitudes dans le milieu bancaire et financier. En effet, les entreprises de ces secteurs disposent d’une grande quantité de données inexploitées. Le Big Data a créé un cadre adéquat pour l’exploitation de ses données. Cela permet entre autre, le développement de nouveaux algorithmes, le traitement de cette masse de données avec des algorithmes très puissants. Ce qui favorise entre autres la digitalisation du secteur financier, la transformation les activités de trading, d’évaluation des risques, de gestion de portefeuilles, d’analyse financière, de prêts bancaires etc…. D’où le succès des fintech.
En termes d’impacts dans le domaine bancaire et financier, on peut citer :

• La transformation des métiers
L’IA va automatiser plusieurs tâches dans le secteur bancaire et financier. Mais elle ne va pas remplacer l’humain. L’IA permettra de faire évoluer les métiers et compétences.
• Dans le trading
L’utilisation de l’IA et du machine learning dans les salles de marché est devenue une réalité. L’algo-trading tient compte des tendances de marché et l’IA donne une probabilité d’occurrence d’une transaction. Aujourd’hui, ce sont les automates qui exécutent les ordres de bourse. Seuls les paramètres sont définis par les humains. L’écriture automatisée des algorithmes de trading tente à s’imposer. Cela commence à obliger les traders à se lancer dans le code.
• Finance d’entreprise
La révolution digitale touche particulièrement les fonctions achats et comptabilité. A ce niveau, ce sont des logiciels qui réalisent certaines tâches quotidiennes. Cela facilite la vie des salariés. Notons que les fonctions finance, achats et RH ont un fort potentiel de numérisation.

• Dans la gestion d’actif ou de patrimoine
Le développement des Robots advisor par les FinTech permettent la gestion de portefeuille en ligne avec un minimum d’intervention humaine. Dans ce cadre, on peut distinguer deux types de services :
• la gestion conseillée : l’investisseur gère son portefeuille. Il peut choisir de suivre ou non les conseils qui lui sont prodigués ;
• la gestion déléguée : la structure gère le portefeuille pour le compte de son client. Il s’agit d’un mandat de gestion.
Les avantages qui résultent de ces services sont : l’avantage tarifaire, le conseil et la simplicité d’utilisation. Du coup, les assureurs, les banquiers et asset managers ont commencé à signer des partenariats avec des Robo-Advisors

• Automatisation des process métier
Grâce à l’intelligence artificielle et l’automatisation, les banques ont considérablement réduire le temps de traitement des demandes tel que la déclaration de perte/vol de cartes bancaires, la déclaration des sinistres. Pour cela, l’IA permet d’extraire dans un dossier de déclaration de sinistre, les éléments les plus pertinents pour savoir le type de sinistre, d’analyser le type de couverture d’assurance. Il permet ainsi aux agents d’entamer rapidement le processus d’indemnisation.
Cette discipline permet également d’élaborer de nouveau process de recrutement.

• Amélioration de l’expérience client
L’IA peut permettre aux banques et structures financières de réaliser une vision 360° de leur clientèle. En effet, l’IA peut réaliser la veille sur les réseaux sociaux et évaluer l’e-réputation de sa clientèle. Grâce aux informations collectées en temps réel, on peut tirer des conclusions rapides qui peuvent être mises à disposition des conseillers. Cela permet de personnaliser les offres de services. Les Chatbots permettent également un gain de temps pour les conseillers. Ces derniers peuvent se concentrer sur des demandes à plus forte valeur ajoutée. Tout ceci permet d’améliorer la relation-client, réduire les frais et augmenter le rendement des directions commerciales.

• La cyber sécurité
L’une des plus grandes inquiétudes dans le secteur bancaire et financier est la sécurité face aux cyber-attaques. En effet, on peut assister aujourd’hui à l’infiltration des systèmes informatiques des institutions par des programmes malveillants plus sophistiqués. On observe également l’apparition des fausses transactions provenant d’une destination douteuse ou des vols massifs.
Afin de remédier à cela, les banques et institutions financières font recours à l’IA et au machine learning pour construire une bonne défense. En effet, l’IA analyse les habitudes financières du client, détecte les comportements inhabituels. Elle peut ensuite alerter automatiquement le système pour garantir la sécurité des fonds des clients
Notons que le développement du cloud et l’utilisation de la technologie blockChain allié à l’intelligence artificielle permettra de réaliser des offres personnalisées et de concevoir des smarts contracts. On peut également assister à la création d’un écosystème dans lequel les services bancaires seront intégrés à des fonctionnalités comme le commerce en ligne, l’uberisation etc…

Webographie
https://www.letemps.ch/economie/lapport-lintelligence-artificielle-finance
https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-182841-lintelligence-artificielle-na-pas-fini-de-revolutionner-le-secteur-financier-2176669.php
https://www.unow.fr/blog/le-coin-des-experts/intelligence-artificielle-moteur-finance-fintech/

Les applications et usages de l’ia


https://news.efinancialcareers.com/fr-fr/330088/quel-est-limpact-de-lintelligence-artificielle-sur-votre-job-en-finance
http://www.agefi.com/quotidien-agefi/forum-blogs/detail/edition/2018-05-09/article/intelligence-artificielle-la-finance-du-futur-5-475396.html


Florent COGNEAUXFlorent COGNEAUXFebruary 14, 2019
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21min5250

En fin d’année dernière, un estimé collègue a publié dans ces colonnes un article traitant d’un possible Rallye de fin d’année.

Le papier n’ayant jamais refusé l’encre (et les pixels d’être noirs) les sujets sur le ” Rallye de fin d’année ” fleurissent dans les magazines économiques comme des roses de Noël à la délectation des lecteurs avides d’oracles.

Comme souvent, aussi pertinentes soient les analyses économiques, politiques, voire géopolitiques présentées, le raisonnement s’achève souvent par quelque chose du genre ” au final, c’est vous qui voyez “.

Mais, en supposant que leurs auteurs aient le courage de prendre position, quel est, avec le recul, la pertinence de leurs recommandations ?

Et, plus fondamentalement, un tel phénomène existe-t-il vraiment ou est-ce juste une légende urbaine exploitée avec la régularité d’un bordereau d’imposition pour vendre un peu plus cher un papier qui, s’il n’était glacé, aurait fini autour de produits de la mer (mollusques et crustacés en cette saison) ?

Amateur de l’étude des biais cognitifs et adepte des statistiques, je vous propose d’étudier le phénomène avec quelques données, deux, trois outils de base et un peu de recul (les vapeurs éthyliques des réveillons s’étant maintenant bien dissipées).

Prenons un indice large : le Standard and Poor’s 500, téléchargeons ses relevés journaliers depuis 50 ans et calculons pour chaque jour sa variation (https://www.investing.com/indices/us-spx-500-historical-data).

On se retrouve en face de 12604 valeurs (environ 252 par ans) dont la moyenne est de +0.0196% et dont la distribution ressemble à ceci:

Première remarque, certaines valeurs extrêmes (-27.73% le 19 oct. 1987, -9.93% le 15 oct. 2008 – ces deux là ayant suffit à créer la légende du mois d’octobre) font légitimement douter de la normalité de la distribution.

Tous les manuels de finance le disent : les marchés sont des animaux à queues épaisses ! Autrement dit, les événements rares (et souvent catastrophiques) s’y produisent plus souvent qu’à leur compte (du moins aux yeux de ceux qui s’imaginent qu’ils devraient suivre une loi Normale – c’est-à-dire la majorité des modèles de risque, ce qui ne lasse pas de surprendre…).

Pour les plus septiques, un test de Shapiro-Wilk (http://www.statskingdom.com/320ShapiroWilk.html) retourne une valeur-p indiquant que vous avez autant de chances de croiser le Pape François avec une planche de surf dans l’ascenseur que de pouvoir utiliser une distribution gaussienne pour juger du risque de vos investissements. Nous y reviendrons.

Revenons à nos Rallyes et regroupons ces variations par mois, puis calculons leur moyenne et leur écart-type. On obtient le tableau suivant :

MoisMoyenneEcart-type
Ensemble0,43%4,42%
Janvier0,70%4,84%
Février0,04%3,92%
Mars1,01%3,60%
Avril1,10%3,64%
Mai0,36%3,54%
Juin-0,05%3,27%
Juillet0,32%4,13%
Août-0,14%4,99%
Septembre-0,89%4,63%
Octobre0,42%6,78%
Novembre0,99%4,46%
Décembre1,19%3,48%

Point amusant, le mois d’octobre est conforme à la moyenne avec une progression de 0.42%. Cela semble contredire ce qui a pu être écrit à son sujet… Certes, son écart-type est large. Il ne faut pas chercher plus loin sa lugubre réputation. A l’inverse, le mois de juin présente la volatilité la plus faible ; malheureusement, sa moyenne est déprimante.

Certains mois sont ” bons “, d’autres sont ” mauvais ” et l’écart-type mesure le piment de l’affaire. Associer à chaque mois une personnalité sur cette base est intellectuellement stimulant : ” Personnellement, j’éviterais septembre “, etc.

Décembre, quand à lui, présente tout à la fois la meilleure moyenne et un écart type plutôt faible. Voilà qui suffit à justifier la naissance du mythe du ” Rallye de fin d’année “, synchronisée avec celle du petit Jésus (c’est à se demander si, comme tant d’autres avant lui, le capitalisme boursier ne s’essaye pas au recyclage des croyances antérieures) ! On va pouvoir écrire des articles et vendre du papier !

Vraiment ?

En matière de statistique, plus l’échantillon est grand, plus les calculs sont fiables.

Pourquoi, au fait ?

L’idée est que plus un type d’événement est variable, plus il faut pouvoir étudier d’événements individuels pour pouvoir en dire quelque chose.

Si on s’intéresse aux retards des trains, la tâche est aisée : il y a beaucoup de trains et leurs retards excèdent rarement quelques heures (événements fréquents, variabilité faible). En un nombre limité de semaines, il est possible de calculer des statistiques précises. Si, par contre, on s’intéresse aux conséquences des tremblements de terre, c’est beaucoup plus difficile : il y a en a, heureusement, beaucoup moins et leurs dégâts vont d’une imperceptible vibration à l’effondrement d’un barrage qui noie une région entière (événements rares, variabilité élevée). Il faudrait des centaines d’années pour obtenir des statistiques fiables avec les mêmes méthodes (ce qui, incidemment, soulève le problème de la disponibilité des données).

Une façon simple d’estimer cette incertitude consiste à calculer ” l’erreur type ” ; elle s’obtient en divisant l’écart type de la mesure par la racine carrée du nombre d’événements. Intuitivement, plus les variations seront faibles ou plus les événements seront nombreux (idéalement les deux), moins l’erreur sera grande et inversement.

Ce nombre s’interprète de la même façon qu’un écart-type, c’est une moyenne d’écart à la moyenne. Mais, contrairement à l’écart-type, il ne dépend pas des événements eux-mêmes, il dépend des mesures dont on dispose. Si on reprend l’exemple des trains, l’erreur-type va décroître rapidement : intuitivement, le nombre de mesures va ” prendre le pas ” sur la variabilité des retards. L’écart-type, lui, va se stabiliser autour d’une valeur (différente de zéro) correspondant à l’écart moyen des retards par rapport à la moyenne des retards.

MoisErreur type
Ensemble0,18%
Janvier0,69%
Février0,55%
Mars0,51%
Avril0,52%
Mai0,50%
Juin0,46%
Juillet0,58%
Août0,71%
Septembre0,65%
Octobre0,96%
Novembre0,63%
Décembre0,49%

Dans le cas des variations du mois de décembre, l’erreur type est de: 0.49%. Or la moyenne de décembre est de 1.19%. Cela signifie que, en moyenne, l’erreur liée à ce qu’on utilise pour calculer la moyenne (les rendements des 50 mois de décembre) représente à elle seule 40% de cette valeur. C’est beaucoup…

Sur ces bases, comment estimer la pertinence d’un investissement début décembre ?

Une façon de faire consiste à calculer l’intervalle de confiance correspondant à un rendement positif ou nul. Malheureusement, ce n’est pas immédiat : la distribution des variations mensuelles ne correspond pas à une loi Normale et l’erreur-type est significative. Il va falloir simuler une distribution par ré-échantillonnage. Pour compliquer les choses, les 23 premiers jours de décembre et les 8 derniers ont des comportements radicalement différents : entre Noël et le jour de l’An il n’y a pas que les confiseurs qui récupèrent…

Il va donc falloir effectuer un ré-échantillonnage mixte, tenant compte des deux populations et de leurs erreurs types respectives.

Je vais essayer de ne pas perdre l’attention de ceux qui sont encore là en entrant trop dans des détails techniques ; disons, en gros, que cela se fait avec un peu de programmation, un tableur et que je me ferai un plaisir de communiquer l’ensemble des calculs à ceux qui le souhaitent !

L’important c’est qu’au final, on arrive à ceci :

Et que cela permet de répondre à la question précédente : en investissant sur le S&P 500 le 1er décembre et en revendant le 31 au soir, vous avez 60,7% de chance d’avoir un retour positif ou nul (les seuils de 95% et 99% étant respectivement à -6.21% et -10.11% – dit autrement, vous avez 95% de chance de ne pas perdre plus de 6.21% et 99% de chance de ne pas perdre plus de 10.11%).

Pas mal.

On pourrait s’arrêter là en concluant par un chaleureux ” au final, c’est vous qui voyez “, avec la satisfaction du devoir accompli (un article de 9000 caractères) et l’assurance de passer de bonnes fêtes de fin d’année !

S’il n’était le mois d’avril…

Parce que, si on fait le même exercice en avril (en sachant que les choses sont plus simples car les jours sont plus homogènes) on obtient les résultats suivants : en investissant sur le S&P 500 le 1er avril et en revendant le 30 au soir, vous avez 59.38% de chance d’avoir un retour positif et les seuils de 95% et 99% sont respectivement de -5.98% et de -9.03%.

Autrement dit, aux approximations de ré-échantillonnage près, que vous investissiez en décembre ou en avril… c’est exactement la même chose.

Vous avez souvent entendu parler du Rallye de fin avril ?

Et, pour ne rien vous cacher, je suis sûr qu’en cherchant un peu, on pourrait aussi trouver un Rallye de Printemps et un rallye de Thanksgiving.

A cette étape, il y a deux façons de voir les choses : soit on considère que, vu les performances exceptionnelles du Rallye de fin d’année, il ne va surtout pas falloir rater celui de Pâques ; soit on se dit, que, si ça se trouve, le Rallye de fin d’année… c’est surtout un moyen de mieux fourrer la dinde en période de Fêtes.

Mais ça, ” au final, c’est vous qui voyez “.


Moufid ABAYOMIMoufid ABAYOMIDecember 20, 2018
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17min6530

La blockChain, innovation technologie, est la structure sous-jacente du bitcoin. Les professionnels y voient une innovation qui pourrait révolutionner les transactions dans le futur. Peu de personnes et d’entreprises ne savent pas exactement ce que c’est… Son fonctionnement et ses possibles applications seront abordés dans cet article.

Définition de la blockChain

La blockChain est une technologie de stockage et de transmission d’informations. Elle est transparente, sécurisée et fonctionne sans organe central de contrôle. C’est une énorme base de données contenant l’historique de tous les échanges effectués entre ses utilisateurs depuis sa création. Elle est partagée par ses différents utilisateurs, sans intermédiaire. Ce qui permet à chacun de vérifier la validité de la chaîne.

Tout intervenant peut consulter l’ensemble des opérations actuelles et passées. A l’inverse des bases de données classiques, elle est distribuée. Ceci permet de disposer de plusieurs exemplaires de la base de données. Ils existent simultanément sur différents ordinateurs baptisé “nœuds” du réseau. Cela permet de sécuriser le système et d’éviter que la blockChain puisse être piratée.

Ils existent plusieurs types de blockChain :

  • des blockChain publiques : elles sont ouvertes à tous ;

Le mathématicien Jean-Paul Delahaye compare la blockChain publique à un grand livre comptable public, anonyme et infalsifiable. Il l’imagine à un très grand cahier, que tout le monde peut lire librement et gratuitement, sur lequel tout le monde peut écrire, mais qui est impossible à effacer et indestructible.

  • des blockChain privées : elles sont réservés à certains intervenants.

Une blockChain privée est interdit au public. La participation à ce dernier se fait sur autorisation et est majoritairement utilisées par les institutions financières en interne.

La blockChain est apparu pour la première fois en 2008 avec la création de la crypto-monnaie « Bitcoin ». Elle a été développée par un inconnu sous le pseudonyme Satoshi Nakamoto. Ces deux innovations sont corrélées car la blockChain est l’infrastructure sous-jacente du Bitcoin.

C’est cette dernière qui a permis la première transaction avec le bitcoin en mai 2010. Le bitcoin ne peut exister sans la technologie blockChain, l’inverse n’est pas vrai. Aujourd’hui, les entreprises et les gouvernements envisagent l’utilisation de la blockChain à d’autres fins. 

Fonctionnement de la blockChain

La caractéristique principale de cette technologie est la transparence. Cette transparence est caractérisée par le fait que toutes les transactions effectuées entre les différents utilisateurs depuis la création de la chaîne y sont enregistrées. La sauvegarde se réalise sous forme de ‘’blocs de transactions’’ qui empilés les uns aux autres, forment une ‘’chaîne’’. D’où le nom de ‘’chaîne de blocs’’ ou  blockChain en anglais.

Les différentes transactions effectuées entre les utilisateurs du réseau sont regroupées par blocs. Chaque bloc est validé par les nœuds du réseau appelés les ‘’mineurs’’. Ces mineurs sont chargés de vérifier la validité des transactions bloc par bloc. Ils sont en général des particuliers, qui sont rémunérés pour mettre à disposition la puissance de calcul de leurs processeurs. Les problèmes mathématiques résolus par ces ordinateurs sont très complexes. On assiste alors au regroupement des mineurs et la création de gigantesques fermes d’ordinateurs.

Le fonctionnement d’une transaction à travers la blockChain peut être décrit en 5 phases :

A effectue une transaction vers B ;

plusieurs transactions sont regroupées dans un bloc ;

le bloc est validé par les nœuds du réseau au moyen de techniques cryptographiques ;

le bloc est validé, daté et ajouté à la chaîne de blocs (ou ‘’blockChain’’) à laquelle tous les utilisateurs ont accès ;

B reçoit la transaction de A.

Ce processus nécessite un certain temps de calcul selon le type de blockChain dont on parle :

approximativement dix minutes pour le bitcoin ;

15 secondes pour Ethereum.

Sécurité et application de la blockChain

La blockChain est une base de donnée décentralisée c’est à dire qu’elle est hébergée par une partie des utilisateurs. Elle ne peut qu’être hacker que si plus de la moitié des nœuds sont rompus simultanément. Les informations qui sont contenues dans les différents blocks (transactions, contrats etc…) sont protégées par des systèmes cryptographiques1. Cela empêche les utilisateurs de les modifier. De plus, le système de cryptographie est ‘’asymétrique’’ : c’est-à-dire qu’il faut deux clés différentes (une privée, une publique) pour opérer une transaction. 

Grâce à son caractère décentralisé, couplé avec sa sécurité et sa transparence, la blockChain permet des applications bien plus larges que le domaine monétaire. On peut les classifiez en trois domaines :

  • les transactions sur les actifs (utilisation monétaire, mais pas uniquement : titres, votes, actions, obligations…) ;

les applications en tant que registre : elle assure ainsi une meilleure traçabilité des produits et des actifs ;

les smart contracts : ce sont des programmes autonomes qui exécutent automatiquement les conditions et termes d’un contrat, sans intervention humaine une fois démarrés.

Les domaines d’application sont immenses et divers. On peut citer : la finance, l’assurance, l’immobilier, l’énergie, les transports, la santé, l’industrie pharmaceutique, l’agroalimentaire, le luxe, le commerce international, la distribution, l’aéronautique, le vote, l’industrie musicale etc…

Dans l’avenir on pense que les blockChain pourraient remplacer la plupart des « tiers de confiance » centralisés (métiers de banques, notaires, cadastre,…) par des systèmes informatiques distribués. Certains analystes pensent qu’elles pourraient dépasser certaines plateformes collaboratives.

Grâce à la blockChain en générale et aux smart contracts en particulier, les intervenants pourraient effectuer des transactions directement avec un tiers :

un chauffeur, sans intervention d’une plateforme comme blablacar ou Uber ;

un loueur d’appartement sans intervention d’une agence de location.

Dans les deux cas, on assisterait à une transaction de gré à gré. Donc pas d’intermédiaires ni de commissions.

Webographie

https://www.lesechos.fr/28/10/2017/lesechos.fr/030787214894_bitcoin–cryptomonnaies—qu-est-ce-que-c-est–comment-ca-marche-.htm

https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/030787214894-bitcoin-cryptomonnaies-quest-ce-que-cest-comment-ca-marche-2125947.php

https://blockchainfrance.net/decouvrir-la-blockchain/c-est-quoi-la-blockchain/

https://le-coin-coin.fr/dossiers/quest-ce-que-le-bitcoin/

https://www.cnews.fr/vie-numerique/2018-01-23/bitcoin-quest-ce-que-la-blockchain-la-technologie-qui-va-revolutionner-le

http://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/la-france-adapte-son-cadre-legislatif-a-la-blockchain-1322710.html#utm_campaign=Echobox&utm_

1Un système cryptographique est un ensemble des techniques (algorithmes ou méthodes de chiffrement), documents (textes clairs et chiffrés, clefs) et outils matériels (par exemple un processeur particulier, ou une machine) qui permettent le chiffrement de données (messages, fichiers, etc.) d’une façon particulière.


Guillaume PITREGuillaume PITREDecember 16, 2018
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11min6400

Il est de bon ton à chaque fin d’année de parler de ce fameux « Rally de fin d’année ». Ces séances haussières qui se succèdent à l’approche de la trêve des confiseurs (période comprise entre Noël et le jour de l’an). Force est de constater que ce rally de fin d’année 2018 a du plomb dans l’aile. A quoi doivent s’attendre les investisseurs pour cette fin du mois de décembre après avoir connu un mois d’octobre rouge et un mois de novembre mitigé ?

Détente commerciale sino-américaine

Les investisseurs attendaient beaucoup de la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping le 1er décembre en marge du G20 en Argentine. Les annonces ont été faites de part et d’autre. En effet, les deux parties cherchent à se rapprocher, cette guerre commerciale a pour l’heure était préjudiciable pour les deux plus grosses économies mondiales. Aussi, Washington et Pékin font montre de bonne volonté. A l’image de l’administration Trump qui a annoncé ne pas augmenter les droits de douanes au 1er janvier 2019 (à 25 % comme cela était initialement prévu lors de la mise en place de ces nouveaux tarifs). De son côté le gouvernement chinois a annoncé la reprise des importations de produits agricoles américains. Il convient de préciser qu’en représailles des droits de douanes américains imposés cet été (à 10%), Pékin a imposé des droits de douanes sur l’importation de soja américain à hauteur de 25%. Ceci s’est traduit par un effondrement des importations de soja américain de 92 % pour le mois de novembre. Enfin, dernière annonce en date faite par la Chine : la diminution des droits douaniers sur l’importation de véhicules américains à 15 %. Pour rappel, cet été suite à l’escalade des tensions dans le conflit commercial l’opposant aux États-Unis, la Chine a mis en place des tarifs douaniers de 40 % sur l’importation de véhicules américains. Les investisseurs – bien que satisfaits de ces annonces – restent très sensibles aux développements des relations sino-américaines. Pour s’en convaincre il suffit de voir la réaction des marchés financiers suite à l’arrestation (au Canada à la demande des Etats-Unis) de la Chief financial officier (directeur administratif et financier) du géant des télécom chinois Huawei. Les marchés demeurent donc très fébriles.

L’impossible Brexit

Tout a commencé le 24 juin 2016 lorsque les anglais ont dit « NON » à l’Union européenne. Un tel cas de figure était envisagé par le Traité de Fonctionnement de l’Union européenne : l’article 50. Le 29 mars 2017, la Première ministre britannique Theresa May, amorça le processus de départ de son pays en déclenchant l’article 50 ouvrant ainsi une période de 2 années afin de négocier les conditions du divorce entre l’Union européenne et le Royaume-Uni. Ainsi, Londres a jusqu’au 29 mars 2019 afin de trouver un accord avec l’Union européenne, faute de quoi sans accord ce sont tous les anciens traités bilatéraux conclus entre le Royaume-Uni et les autres pays qui s’appliqueraient (c’est ce qu’on appelle un Hard Brexit). Après de âpres négociations, un accord fut signé entre Londres et Bruxelles le 25 novembre 2018. Mais face au risque qu’il ne soit pas ratifié par le Parlement britannique, Theresa May préféra repousser le vote initialement prévu le 11 décembre 2018 pour le 21 janvier au plus tard. Londres cherche désespérément à conclure un nouvel accord avec Bruxelles afin d’obtenir plus de gages pour faire valider ce projet de Brexit auprès du Parlement. Cependant, l’Union européenne reste intransigeante face au Royaume-Uni. Quels sont les choix qui s’offrent à Londres ? 1° Remplacer Theresa May à la tête des conservateurs ? Cela a été tenté, mais Theresa May a remporté la confiance de sa famille politique. 2° Procéder à des élections anticipées ? Il ne resterait que 3 mois pour renégocier le Brexit. 3° Procéder à un nouveau référendum ? La Cour de justice de l’Union européenne a rendu un arrêt précisant que Londres pouvait stopper unilatéralement sa procédure de sortie de l’Union européenne, ce qui donne un nouvel argument aux partisans favorables au maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne.

L’Europe inquiète

Les sujets d’inquiétudes sont nombreux, qu’ils soient politiques ou économiques : Le Brexit – la montée du populisme en Italie et Espagne – l’échec politique d’Angela Merkel – les récents mouvements sociaux en France et surtout le ralentissement de la croissance en zone euro. Au 14 décembre, l’indice PMI Flash Composite de l’Activité Globale dans la zone euro (production manufacturière et des services) accuse un repli à 51,3 points, soit son plus bas niveau depuis 4 ans. En France, les mouvements sociaux sont la cause du ralentissement de la croissance. Durant cette période de Noël, les commerçants sont impactés par le mouvement des « gilets jaunes ». En effet, selon la Confédération des centres commerciaux, les différents centres à travers la France enregistrent une baisse de leur fréquentation de plus de 20 %. De plus la Confédération des commerçants de France enregistre une baisse du chiffre d’affaires comprise entre « 40 à 70 % selon les corporations ». De ce fait, la Banque de France a révisé à la baisse sa prévision de croissance pour le 4ème trimestre 2018 à 0,2% (contre 0,4 %). L’Italie continue de cristalliser les attentions autour de son budget 2019. Après avoir refusé dans un premier temps toute modification de ce budget, Rome semble disposée à modifier sa prévision de croissance et son déficit budgétaire. En Espagne, un nouveau vent populiste semble souffler suite à l’ascension du parti Vox au parlement d’Andalousie. C’est dans ce climat politique, économique, et social tendu que les électeurs européens vont être appelés aux urnes en mai 2019 pour élire leurs représentants au Parlement européen.

Ralentissement de la croissance économique mondiale

Le Fond Monétaire International (FMI) et l’ Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) ont revu à la baisse leurs prévisions de croissance économique mondiale pour l’année 2019 et 2020. En effet, les risques commerciaux et financiers viennent peser sur la croissance économique. Nous constatons un effondrement des exportations et importations chinoises en novembre, lié aux tarifs douaniers que se sont imposés Pékin et Washington depuis cet été. Face à cette guerre commerciale sino-américaine, nous avons constaté au mois d’octobre une chute brutale des indices mondiaux. Pour rappel l’indice MSCI Global Index a perdu plus de 8 000 milliards de dollars de capitalisation boursière. Parallèlement nous avons assisté à un violent décrochage des cours du pétrole notamment dû à l’annonce faite par l’Agence Internationale de l’Énergie d’un ralentissement de la demande mondiale de pétrole à compter de 2019. Le dernier signe de ce futur ralentissement économique est l’inversion de la courbe des taux américains. Cette inversion s’est matérialisée le lundi 3 décembre 2018, lorsque le rendement du taux à 5 ans américain est devenu inférieur au taux à 2 ans puis au taux à 3 ans. Ce phénomène a été par le passé annonciateur d’une future période de récession dans les 24 prochains mois. La dernière inversion de la courbe des taux américains s’est produite en 2007…

A la question de savoir si vous devez croire à un rally de fin d’année sur les indices mondiaux, force est de constater que ce rally est d’ores et déjà très mal engagé. Pour rappel, depuis le 1er janvier 2018, l’indice Euro Stoxx 50 affiche une chute de 11,74 %. Outre-Atlantique les indices ont largement bénéficié de la réforme fiscale de l’administration Trump, ainsi depuis le 1er janvier 2018 le S&P 500 cède 2,76 %, le Dow Jones perd 2,5 %, seul l’indice Nasdaq 100 affiche un progression de 3,1 %.


Bernd Oliver BUEHLERBernd Oliver BUEHLERDecember 5, 2018
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Interview d’Ashley Boolell sur “The Disruptors”, son nouveau roman inspiré de l’intelligence artificielle. Livre en anglais disponible sur Amazon. Site web de l’auteur : www.ashleyboolell.com

Vous venez de publier “The Disruptors”, votre cinquième roman et le deuxième écrit en anglais. Il s’agit d’une fiction qui a pour thème l’intelligence artificielle. Comment vous est venue cette idée ?

Après “Killed In”, mon précédent roman inspiré du Dark Net, je me suis mis à réfléchir sur de nouveaux sujets à aborder tout en cherchant à faire évoluer mon style d’écriture. L’intelligence artificielle s’est facilement imposée car il s’agit d’un thème qui prend de plus en plus d’ampleur dans ce qui semble être une refonte du monde tel que nous le connaissons. Avec “The Disruptors”, j’ai imaginé à quoi ce monde pourrait éventuellement ressembler en prenant en considération les multiples domaines que l’intelligence artificielle semble être en mesure de dominer : l’armement, la chirurgie, la logistique, les services publics… Qu’arrivera-t-il si le prochain titan qui émergera après Google, Apple, Amazon et Facebook domine entièrement l’intelligence artificielle ? La ligne que trace ce roman entre la réalité et la fiction est relativement fine.

Puisqu’il s’agit d’une fiction, vous avez certainement créé de nouveaux personnages. Ont-ils une personnalité aussi sombre que celle de Chris Kord, l’anti-héros de Killed In?

Non, loin de là. The Disruptors est très différent de Killed In. Le personnage principal se nomme Mark Steel, un anglais disposant de facultés exceptionnelles et dont l’admission au prestigieux Massachusetts Institute of Technology l’introduit à l’intelligence artificielle. Cela se passe au début des années quatre-vingt-dix. Il a vingt-trois ans à cette étape du roman. Comme tout génie qui se respecte, Mark Steel voit et comprend le monde autrement. Contrairement à Chris Kord qui vient d’un milieu familial toxique, Mark Steel a, quant à lui, bénéficié d’un excellent encadrement. Sa stabilité lui permet de déployer ses capacités de manière très efficace. Il ne doute pas de sa réussite lorsqu’il crée Fractal, l’entreprise qui deviendra un monstre de l’intelligence artificielle. Mark Steel n’est pas seul dans cette aventure. Il est entouré de personnages qui l’aident à concrétiser sa vision mais qui finissent néanmoins par le trahir. Son manque de réalisme dans ses relations avec les autres est sa principale faiblesse.

L’intelligence artificielle est un thème récurrent dans les œuvres de science-fiction. Certains iront jusqu’à dire qu’il est devenu banal. Comment innovez-vous dans The Disruptors?

Il convient d’abord de souligner que l’univers du roman n’est pas fantaisiste. Toutes les percées de l’intelligence artificielle qui sont évoquées dans The Disruptors sont envisageables. Certaines sont en cours de développement et d’autres seront considérées tôt ou tard. Bien entendu, j’ai utilisé ma créativité pour que cela reste une fiction mais je n’ai pas tenté de construire un monde qui est totalement déconnecté de celui dans lequel nous évoluons. Au milieu du roman, Mark Steel se retrouve face aux chefs des gouvernements occidentaux qui lui expriment leur panique devant la dilution de leur pouvoir suite à l’évolution incontrôlée de l’intelligence artificielle. Fractal se charge du bon fonctionnement des services publics et sa technologie est imperméable au clientélisme, à la propagande et à la corruption. A première vue, cela semble être une bonne chose mais le pouvoir dont dispose les dirigeants de Fractal est complètement insensé. Le monstre qu’a créé Mark Steel règle les problèmes de l’humanité mais rien ne peut l’atteindre ou l’arrêter. Il s’agit ici d’une autre forme de dystopie : un paradis, mais dans une prison. Le roman « 1984 » de George Orwell m’a quelque peu inspiré à cet égard.

Vous menez la vie dure aux personnages de vos romans. Dans Killed In, Chris Kord est un raté qui s’en prend plein la figure suite à son incursion dans le Dark Net et dans The Disruptors, vous mettez Mark Steel devant des choix draconiens. Pourquoi les punissez-vous de la sorte ?

J’ai toujours pensé que la pire erreur que puissent commettre des hommes ou des femmes disposant d’un grand pouvoir est d’agir sans réfléchir car les conséquences négatives de leurs actes provoquent des dégâts et des souffrances complètement inutiles. Chris Kord et Mark Steel sont des personnages intelligents qui ont la chance de disposer d’alliés les mettant en garde au sein de leurs entourages respectifs. Mais ils ne les écoutent pas. Chris Kord est arrogant et Mark Steel est naïf. Ils ont la possibilité de remédier à leurs faiblesses avant de commettre leurs erreurs irréparables mais ils choisissent de fermer les yeux et laisser leurs égos dicter leurs conduites. Cette vie dure que vous soulignez est simplement le résultat de mauvaises décisions de leur part.

The Disruptors est votre cinquième roman en cinq ans. Vous menez une carrière en finance en parallèle. Comment faites-vous pour tenir un tel rythme ?

J’ai une approche martiale vis-à-vis de l’écriture et de mes activités en général. Le développement d’un roman est un projet difficile. Ma réponse face à cela est plus de discipline à travers une gestion très rigoureuse de mon emploi du temps. Il s’agit, selon moi, de la seule méthode qui marche. Je fixe un délai que j’annonce à mes lecteurs. C’est un “contrat” que je dois honorer. Si je ne parviens pas à le faire, ce sera de ma faute. Pour le moment, mon approche m’a permis de concrétiser cinq romans en deux langues différentes dans deux pays différents. J’espère pouvoir continuer.

Propos recueillis à Londres le 6 novembre 2018 par Bernd Oliver BUEHLER.


Julien DELMARREDecember 3, 2018
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Titre du livre de Michael Lewis sortie en 2010, ce film sort en 2015 et regroupe pas mal de bons acteurs: Brad Pitt, Christian Bale, Ryan Gosling, etc.

Le film retrace le destin de quelques personnes qui ont vu la crise des Subprimes (2007) et la crise bancaire et financière qui a suivi en automne 2008. Nous voyons tour à tour, un gestionnaire d’un fonds spéculatif qui découvre en 2005 que le marché de l’immobilier résidentiel américain est précaire et devient de plus en plus dangereux. Comment fait-il pour voir cela? Il observe que le marché tient sur la distribution de prêts non garantis et que la rentabilité de ces prêts baisses donc pour continuer de financer le marché, il faut absolument prendre des prêts de plus en plus risqué afin de faire perdurer le système. C’est ce que les CDS (Credit Default Swap) ont caché pendant longtemps. La façade des CDS, avec des rendements très très intéressants (on parle à cette époque de rendements de plus de 20% minimum) avec un sous-jacent triple A (AAA) donc sûr à 99% contre un risque de contrepartie.

Ce personnage parie donc, contre l’opinion générale, à la baisse des marchés. Il signe donc des contrats sur la chute future des marchés financiers. Et c’est à ce moment-là, qu’on voit deux nouveaux protagonistes qui s’intéressent à son raisonnement et voit, comme lui, que le marché est pourri jusqu’à l’os. Ils vont donc, eux aussi, parier à la baisse.

Le film montre le raisonnement, l’économie autour, l’engouement des foules pour les prêts, les marchés des actions, les CDS, etc. Et la fin tragique qui semble, au fur et à mesure où l’on avance dans le film, inévitable. On assiste à la fin des prêts immobiliers, de l’euphorie boursière, de l’économie mondiale.

Un film que je conseille pour des personnes ayant au préalable des bases financières, car il est assez ardu pour de parfaits néophytes. Les termes sont des fois techniques, même si le film tente à certains moments de nous l’expliquer en vulgarisant certaines notions (le CDS notamment). Des recherches au préalable sont, pour moi, nécessaire afin de bien suivre le fil de l’histoire et de bien comprendre les étapes de la chute de ce monde sans risque qui faisait gagner à tous les coups.


Moufid ABAYOMIMoufid ABAYOMINovember 27, 2018
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L’objet de l’article est de déterminer si le bitcoin est une bulle spéculative ou une innovation monétaire. Les résultats de notre étude montrent que le bitcoin est une innovation monétaire qui a subi plusieurs bulles spéculatives du fait :

  • qu’elle n’est pas encore régulée ;

  • de l’engouement accru du public ;

  • et de l’intérêt des médias.

En effet, le bitcoin est un système de monnaie numérique décentralisée qui est essentiellement acquis à des fins spéculatives ou pour protéger l’épargne partout où l’inflation monétaire la menace. C’est la première crypto-monnaie décentralisée créée en 2009 par un  être mystérieux nommé Satoshi Nakamoto. Il est basé sur la technologie blockChain qui est une technologie de stockage et de transmission d’informations. C’est une énorme base de données contenant l’historique de tous les échanges effectués entre ses utilisateurs depuis sa création.

Le bitcoin ne répond pas totalement à l’exigence d’une monnaie souveraine. A titre d’exemple, il est décentralisé et n’est pas sous contrôle d’une banque centrale. En plus, il est tourné vers la désinflation à l’inverse des monnaies souveraines tournées vers l’inflation.

Lors de sa création, il cotait techniquement 0$ avant d’atteindre un record historique à 19800 $ en décembre 2017. A ce moment, il est devenu une nouvelle classe d’actifs sur lequel les banques d’investissement, fonds d’investissement, hedge fund créent des produits pour séduire leur clientèle. Il est utilisé dans l’économie réelle comme étant un moyen de paiement, une valeur refuge et un instrument de couverture pour certains investisseurs. L’offre en bitcoin est contrôlée par les mineurs et les acheteurs qui voient en lui un potentiel technologique. La demande quant à elle est créée par les investisseurs spécialisés et le public néophyte. Depuis sa création, elle a subi des anomalies de marché, des piratages de plateforme de change, des exit-scam lors des ICO et des manipulations de cours dues à des algorithmes de trading.

Il devient alors un sujet lors des grands sommets internationaux. Plusieurs consultations ont été menées par les institutions financières, européennes, asiatiques, américaines et mondiales. Les avis des régulateurs et des pays divergent sur sa régulation et sa taxation. En termes de perspective, on pense :

  • à la régulation par les états et les institutions financières des crypto-monnaies en général, du bitcoin et de la blockChain en particulier ;

  • qu’il y aura la création de nouvelles crypto-monnaies souveraines ;

  • la création de produits dérivés indexés sur le bitcoin tel que les warrants, les turbos, les produits structurés, les swaps et des opérations telles que le prêt-emprunt, le repo etc……

Tout cela permettra de stabiliser l’économie autour du bitcoin, de contrôler son extrême volatilité afin de ne plus assister à des successions de bulles spéculatives. Aussi il aidera à explorer les potentialités qu’offre la technologie blockChain. Quant à sa valeur, on voit son cours en dessous de 5000 dollars au dernier trimestre 2018.

Webographie

https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20141007trib09d1cb928/ce-que-signifie-l-emergence-du-bitcoin.html

https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/030787214894-bitcoin-cryptomonnaies-quest-ce-que-cest-comment-ca-marche-2125947.php

https://le-coin-coin.fr/dossiers/quest-ce-que-le-bitcoin/

https://www.buybitcoinworldwide.com/fr/cours-bitcoin/

https://cryptoast.fr/regulation-crypto-monnaie/

https://www.capital.fr/entreprises-marches/regulation-du-bitcoin-vers-un-laisser-faire-du-g20-1278207

https://bitcoin.fr/histoire


Julien DELMARRENovember 24, 2018
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Si vous avez connu la crise des Subprimes, vous avez dû tous entendre parler de Mr Bernard Madoff. Il fut condamné à purger une peine de prison de 200 ans en 2009 pour avoir été le créateur de la plus grosse escroquerie financière de tous les temps. Il a créé une bulle financière d’un montant de 65 milliards de dollars américains grâce à un système de Ponzi.

Le film, The wizard of lies (le magicien des mensonges en traduction française) retrace l’histoire et surtout nous informe du comment à fait pour mentir à tout le monde. On retrouve le grand acteur Mr Robert de Niro dans le rôle principal. Il fait une belle interprétation, à mon sens, en jouant (il est vrai sans trop forcer) une personne froide, calculatrice et stressée.

Ce film nous invite à voir l’éclatement du scandale à l’intérieur de sa famille et de sa société. On y voit l’éclatement, la colère, le mensonge, la désillusion, etc.

Personnellement, je trouve que ce film est assez bon et nous montre une chose que les journalistes ont selon moi omis lors de son procès: sa réputation. En effet, on y apprend que Mr Bernard Madoff n’était pas un simple millionnaire, milliardaire et gros gérant d’un fonds. C’était une véritable légende. Et c’est d’ailleurs lors d’une confrontation entre la SEC (Securities and Exchange Commision, l’équivalent de notre AMF, Autorité des Marchés Financiers) et l’un de ses fils. ” Vous ne savez pas de quel genre d’homme il était […] il a créé le NASDAQ, dirigé le NASDAQ, président du comité national de la sécurisation et de clearing corporation, de l’Institut international de clearing, FINRA, du NASD […]”. Bref, il fût LE créateur du monde financier que nous connaissons. Les indices, mais également sa sécurisation. Pas étonnant que sa fraude fut possible, car un système de Ponzi n’est autre qu’un système basé sur la confiance. Les gens avaient confiance en lui et l’ont laissé faire. Mais ne jetons pas la pierre sur Mr Madoff pour autant. Lors d’un dialogue avec une enquêtrice il dit à juste titre que ses clients qu’il a arnaqués sont aussi coupables et sont en quelque sorte ses complices. Et je trouve qu’il a raison. Rendez-vous compte, il proposait un rendement, quelle que soit la conjecture économique, le prix de l’immobilier, crise ou pas crise, de 50% non pas par an mais en 90 jours. C’est-à-dire, que vous donniez de l’argent à Mr Madoff vous aviez au bout de 3 petits mois un retour sur investissement de 50%. Soyons sérieux, les arbres ne montent pas jusqu’au ciel.

Un film intéressant, qui montre les paradoxes de cet homme, le soucis de la confiance en finance et la cupidité des hommes.

 


Jerome BLANCHETJerome BLANCHETNovember 2, 2018
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La sortie du Royaume-Uni de l’UE ne permettra plus l’utilisation du passeport européen pour prester les différents services bancaires et financiers (prêt, financement, activité de trading, gestion d’actifs et d’investissement) du Royaume-Uni vers les États membres de l’UE et inversement. La question est particulièrement problématique pour les contrats de marché utilisant les conventions-cadres, contrats-chapeaux qui constituent le cadre contractuelle de plusieurs relations sous-jacentes pouvant s’élever à plusieurs milliards d’encours selon les contreparties. Nous nous intéresserons ici au sort des contrats de dérivés qui représente le nom

  1. Quel avenir pour les Conventions-Cadres de dérivés ?

Les opérations sur dérivés sont conclues par des contrats (appelés confirmations). Ces contrats peuvent être soit conclus séparément, chacun avec leurs spécificités soit s’inscrire dans le cadre d’un contrat plus global appelé Convention-Cadre (la notion de « contrat cadre » est prévue à l’article 1111 du Code civil). Les Conventions-Cadres utilisées le plus couramment dans les relations internationales sont les Conventions-Cadres ISDA de droit anglais.

Or, notamment dans les relations UE-UK post Brexit ces opérations seront affectées. En effet, si les opérations ont pu être valablement conclues à la date de leur conclusion, certains événements inhérents à la vie desdits contrats sous-jacents soulèveront des questions quant à la nécessité de disposer d’un agrément afin d’effectuer ces dernières et potentiellement, dès lors, une impossibilité de réaliser ces prestations en l’absence dudit agrément.

En pratique, on constate une migration des activités du Royaume-Uni vers la France, matérialisée contractuellement par des transferts des Conventions-Cadres hors du Royaume-Uni par le biais d’accord de « novation ».

Ces « Novations Agreements » de droit anglais, permettent de transférer les opérations d’une entité (londonienne) vers une autre entité (de l’UE) afin de bénéficier de son agrément. En droit français, il est également possible de transférer des contrats d’une partie à une autre selon plusieurs procédés contractuels similaire, mais non en tout point, au droit anglais.

Plusieurs mécanismes existent donc en droit français, seules ici la novation et la cession, les plus utilisés, sont abordées :

  • la novation qui peut être assimilé à un mécanisme de substitution se décline sous trois formes : novation par changement de créancier, la novation par changement de débiteur et la novation par changement d’obligation. Dans tous les cas, la novation éteint les obligations existantes entre les parties au contrat initial et en crée de nouvelles. Les obligations étant distinctes, elle entraîne la discontinuité des contrats et potentiellement l’impossibilité de les continuer aux conditions antérieures.
  • la cession qui peut être assimilé à un transfert existe, elle aussi, sous trois formes : la cession de créances, la cession de dettes et la cession de contrat. A la différence de la novation, la cession, ne crée aucune discontinuité et les obligations continuent donc d’exister mais entre des parties différentes.

En tout état de cause, la continuité ou la discontinuité des contrats engendrera des conséquences fondamentalement différentes notamment :

  • fiscales,
  • comptables,
  • règlementaire,
  • économiques,
  • juridiques, et
  • financière.

En sus des possibilités offertes par le droit français, certaines instances ont, dans le cadre du Brexit,  proposé une solution innovante un prévoyant un contrat dit de « réplication », à savoir un contrat répliquant à l’identique les opérations conclues entre une entité au Royaume-Uni et contrepartie dans l’UE entre deux autres entités. Si ce mécanisme paraît, en théorie très rentable, la technicité du procédé rend la rédaction et la négociation aussi délicate que la renégociation d’un modèle déjà connu de l’ensemble des acteurs de la place.

Il convient donc de prendre la mesure de chacune des solutions offertes dans le marché et de les étudier au cas par cas. Il n’est donc pas possible à l’heure actuelle au regard du droit positif sans intervention (prévue notamment en France) du législateur d’affirmer que les contrats de dérivés continueront d’exister et d’être exécuter sans heurts post Brexit.

  1. Le Brexit est-il un prétexte à la renégociation des contrats ?

Le transfert des opérations créera de toute évidence au vu des leviers que les entités européennes possèdent désormais de renégocier les contrats. Notamment de choix le droit et la juridiction applicable à la Convention-Cadre. L’ISDA a, à cet effet, publié en 2018 deux nouvelles Conventions-Cadres ISDA régies, l’une par le droit irlandais, l’autre par le droit français permettant d’adapter sur mesure les futures relations internationales entre l’UE et le Royaume-Uni.

Mais la renégociation ne s’arrêtera pas à ces seules clauses, il conviendra surtout s’interroger lors du transfert des opérations sur la pertinence d’un « simple » transfert ou sur la nécessité :

  • d’auditer les portefeuilles d’opérations en cours et à venir,
  • de dresser la typologie de la documentation contractuelle utilisée,
  • d’analyser les impacts règlementaires, comptables et fiscaux[1] liés au choix du mode de transfert,
  • d’analyser les conditions de reconnaissance (reconnaissance des accords de compensation – netting et d’accord d’échanges des sûretés – collateral) et d’exécution des contrats à l’étranger, et
  • d’allouer les ressources matérielles et humaines nécessaires à la renégociation de ces contrats et à leur gestion à la suite du transfert.

Outre la négociation du droit et/ou des juridictions applicables, le transfert d’opérations pourra aussi être l’occasion de renégocier certains autres paramètres juridiques ou financiers comme :

  • les devises éligibles et de calcul,
  • le collatéral éligible,
  • les indices de référence,
  • etc.

 

  1. Le cas particulier des dérivés compensés en chambre de compensation « CCP »?

La compensation en chambre de compensation (clearing) implique l’utilisation d’un mécanisme issu du droit civil continental permettant l’extinction d’obligations réciproques entre deux parties. C’est la chambre de compensation qui effectue le calcul des expositions sur dérivés et qui se charge de compenser les opérations. Les CCP sont régies par des règlements intérieurs « rulebook » validés/homologués par les autorités de marché. Selon les modalités du règlement de la CCP auquel les contreparties adhèrent, la constitution de sûretés financières entre les parties (marges initiales et/ou de variation) afin de sécuriser les expositions encourues au titre des contrats de dérivés est parfois prévue dans les contrats de compensation, notamment pour les dérivés de gré à gré compensés en chambre.

En l’absence d’accord post Brexit, les CCP anglaises ne disposeront plus d’agrément pour réaliser la compensation.

Une proposition de règlement européen relatif aux CCP[2] reprenant les dispositions fondatrices du règlement EMIR établit désormais une distinction entre trois catégories de CCP :

  • les CCP d’importance non systémique,
  • les CCP d’importance systémique, et
  • les CCP d’importance systémique dont l’ampleur est jugée trop importante pour être soumises aux conditions des autres CCP d’importance systémique.

Les CCP jugées d’importance systémique ne pourront prester leurs services dans l’UE qu’en respectant des conditions très strictes définies par la proposition de règlement.

Néanmoins, les CCP dont l’importance systémique sera jugée trop importante ne pourront bénéficier des mêmes conditions de reconnaissance prévues pour les CCP d’importance systémique, mais pourront néanmoins solliciter une demande d’agrément. Or, il restera loisible aux institutions européennes (notamment la Commission ou l’ESMA) de ne pas octroyer cet agrément à certaines CCP.

En conclusion, le Brexit sera l’occasion de revoir l’ensemble de la documentation contractuelle relative aux dérivés et aux autres contrats cadres (repos – prêts/emprunts). Le timing est néanmoins discutable car d’autres chantiers d’importance sont en cours (mise à jour des benchmarks, mise à jour des prospectus), une véritable analyse stratégique (coûts/risques) des opérations à venir est nécessaire, l’inertie n’est pas une solution !

[1] Cf. travaux de l’ISDA sur la fiscalité lors du Brexit.

[2] Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil en date du 13 juin 2017 modifiant le règlement (UE) nº 1095/2010 instituant une Autorité européenne de surveillance (Autorité européenne des marchés financiers) et modifiant le règlement (UE) nº 648/2012 en ce qui concerne les procédures d’agrément des contreparties centrales et les autorités qui y participent, ainsi que les conditions de reconnaissance des contreparties centrales des pays tiers : EMIR REFIT.



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