Moufid ABAYOMIMoufid ABAYOMIFebruary 14, 2019
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Les premières réflexions et travaux sur l’intelligence artificielle datent des années 1950. Aujourd’hui, cette discipline, au cœur de tous les débats commence à bouleverser plusieurs secteurs d’activités. Avec l’émergence du big data, les travaux de recherche dans le domaine s’accélèrent. Voyons dans cet article, ses impacts dans le secteur de la banque et de la finance.

L’intelligence artificielle (IA, ou AI en anglais pour Artificial Intelligence) est un ensemble de théories et des techniques développant des programmes informatiques complexes visant à permettre aux machines de simuler certains traits de l’intelligence réelle (raisonnement, apprentissage……). Elle devient un logiciel réfléchissant à la place de l’humain et se retrouve implémentée dans plusieurs domaines tels que : le commerce, les transports, la santé, l’assistant personnel, l’industrie, l’environnement, la défense, la finance etc…

Aujourd’hui l’intelligence artificielle permet de réaliser une vision artificielle, la reconnaissance vocale, un diagnostic médical et le traitement de certaines pathologies, le traitement d’images et de vidéos, les analyses prédictives, l’automatisation de manière plus intelligente, la création de robots humanoïdes, la simulation de systèmes complexes, la réalisation d’œuvre d’art etc…

Avec l’avènement du Big Data, l’IA a commencé à changer certaines habitudes dans le milieu bancaire et financier. En effet, les entreprises de ces secteurs disposent d’une grande quantité de données inexploitées. Le Big Data a créé un cadre adéquat pour l’exploitation de ses données. Cela permet entre autre, le développement de nouveaux algorithmes, le traitement de cette masse de données avec des algorithmes très puissants. Ce qui favorise entre autres la digitalisation du secteur financier, la transformation les activités de trading, d’évaluation des risques, de gestion de portefeuilles, d’analyse financière, de prêts bancaires etc…. D’où le succès des fintech.
En termes d’impacts dans le domaine bancaire et financier, on peut citer :

• La transformation des métiers
L’IA va automatiser plusieurs tâches dans le secteur bancaire et financier. Mais elle ne va pas remplacer l’humain. L’IA permettra de faire évoluer les métiers et compétences.
• Dans le trading
L’utilisation de l’IA et du machine learning dans les salles de marché est devenue une réalité. L’algo-trading tient compte des tendances de marché et l’IA donne une probabilité d’occurrence d’une transaction. Aujourd’hui, ce sont les automates qui exécutent les ordres de bourse. Seuls les paramètres sont définis par les humains. L’écriture automatisée des algorithmes de trading tente à s’imposer. Cela commence à obliger les traders à se lancer dans le code.
• Finance d’entreprise
La révolution digitale touche particulièrement les fonctions achats et comptabilité. A ce niveau, ce sont des logiciels qui réalisent certaines tâches quotidiennes. Cela facilite la vie des salariés. Notons que les fonctions finance, achats et RH ont un fort potentiel de numérisation.

• Dans la gestion d’actif ou de patrimoine
Le développement des Robots advisor par les FinTech permettent la gestion de portefeuille en ligne avec un minimum d’intervention humaine. Dans ce cadre, on peut distinguer deux types de services :
• la gestion conseillée : l’investisseur gère son portefeuille. Il peut choisir de suivre ou non les conseils qui lui sont prodigués ;
• la gestion déléguée : la structure gère le portefeuille pour le compte de son client. Il s’agit d’un mandat de gestion.
Les avantages qui résultent de ces services sont : l’avantage tarifaire, le conseil et la simplicité d’utilisation. Du coup, les assureurs, les banquiers et asset managers ont commencé à signer des partenariats avec des Robo-Advisors

• Automatisation des process métier
Grâce à l’intelligence artificielle et l’automatisation, les banques ont considérablement réduire le temps de traitement des demandes tel que la déclaration de perte/vol de cartes bancaires, la déclaration des sinistres. Pour cela, l’IA permet d’extraire dans un dossier de déclaration de sinistre, les éléments les plus pertinents pour savoir le type de sinistre, d’analyser le type de couverture d’assurance. Il permet ainsi aux agents d’entamer rapidement le processus d’indemnisation.
Cette discipline permet également d’élaborer de nouveau process de recrutement.

• Amélioration de l’expérience client
L’IA peut permettre aux banques et structures financières de réaliser une vision 360° de leur clientèle. En effet, l’IA peut réaliser la veille sur les réseaux sociaux et évaluer l’e-réputation de sa clientèle. Grâce aux informations collectées en temps réel, on peut tirer des conclusions rapides qui peuvent être mises à disposition des conseillers. Cela permet de personnaliser les offres de services. Les Chatbots permettent également un gain de temps pour les conseillers. Ces derniers peuvent se concentrer sur des demandes à plus forte valeur ajoutée. Tout ceci permet d’améliorer la relation-client, réduire les frais et augmenter le rendement des directions commerciales.

• La cyber sécurité
L’une des plus grandes inquiétudes dans le secteur bancaire et financier est la sécurité face aux cyber-attaques. En effet, on peut assister aujourd’hui à l’infiltration des systèmes informatiques des institutions par des programmes malveillants plus sophistiqués. On observe également l’apparition des fausses transactions provenant d’une destination douteuse ou des vols massifs.
Afin de remédier à cela, les banques et institutions financières font recours à l’IA et au machine learning pour construire une bonne défense. En effet, l’IA analyse les habitudes financières du client, détecte les comportements inhabituels. Elle peut ensuite alerter automatiquement le système pour garantir la sécurité des fonds des clients
Notons que le développement du cloud et l’utilisation de la technologie blockChain allié à l’intelligence artificielle permettra de réaliser des offres personnalisées et de concevoir des smarts contracts. On peut également assister à la création d’un écosystème dans lequel les services bancaires seront intégrés à des fonctionnalités comme le commerce en ligne, l’uberisation etc…

Webographie
https://www.letemps.ch/economie/lapport-lintelligence-artificielle-finance
https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-182841-lintelligence-artificielle-na-pas-fini-de-revolutionner-le-secteur-financier-2176669.php
https://www.unow.fr/blog/le-coin-des-experts/intelligence-artificielle-moteur-finance-fintech/

Les applications et usages de l’ia


https://news.efinancialcareers.com/fr-fr/330088/quel-est-limpact-de-lintelligence-artificielle-sur-votre-job-en-finance
http://www.agefi.com/quotidien-agefi/forum-blogs/detail/edition/2018-05-09/article/intelligence-artificielle-la-finance-du-futur-5-475396.html


Moufid ABAYOMIMoufid ABAYOMIDecember 20, 2018
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17min6530

La blockChain, innovation technologie, est la structure sous-jacente du bitcoin. Les professionnels y voient une innovation qui pourrait révolutionner les transactions dans le futur. Peu de personnes et d’entreprises ne savent pas exactement ce que c’est… Son fonctionnement et ses possibles applications seront abordés dans cet article.

Définition de la blockChain

La blockChain est une technologie de stockage et de transmission d’informations. Elle est transparente, sécurisée et fonctionne sans organe central de contrôle. C’est une énorme base de données contenant l’historique de tous les échanges effectués entre ses utilisateurs depuis sa création. Elle est partagée par ses différents utilisateurs, sans intermédiaire. Ce qui permet à chacun de vérifier la validité de la chaîne.

Tout intervenant peut consulter l’ensemble des opérations actuelles et passées. A l’inverse des bases de données classiques, elle est distribuée. Ceci permet de disposer de plusieurs exemplaires de la base de données. Ils existent simultanément sur différents ordinateurs baptisé “nœuds” du réseau. Cela permet de sécuriser le système et d’éviter que la blockChain puisse être piratée.

Ils existent plusieurs types de blockChain :

  • des blockChain publiques : elles sont ouvertes à tous ;

Le mathématicien Jean-Paul Delahaye compare la blockChain publique à un grand livre comptable public, anonyme et infalsifiable. Il l’imagine à un très grand cahier, que tout le monde peut lire librement et gratuitement, sur lequel tout le monde peut écrire, mais qui est impossible à effacer et indestructible.

  • des blockChain privées : elles sont réservés à certains intervenants.

Une blockChain privée est interdit au public. La participation à ce dernier se fait sur autorisation et est majoritairement utilisées par les institutions financières en interne.

La blockChain est apparu pour la première fois en 2008 avec la création de la crypto-monnaie « Bitcoin ». Elle a été développée par un inconnu sous le pseudonyme Satoshi Nakamoto. Ces deux innovations sont corrélées car la blockChain est l’infrastructure sous-jacente du Bitcoin.

C’est cette dernière qui a permis la première transaction avec le bitcoin en mai 2010. Le bitcoin ne peut exister sans la technologie blockChain, l’inverse n’est pas vrai. Aujourd’hui, les entreprises et les gouvernements envisagent l’utilisation de la blockChain à d’autres fins. 

Fonctionnement de la blockChain

La caractéristique principale de cette technologie est la transparence. Cette transparence est caractérisée par le fait que toutes les transactions effectuées entre les différents utilisateurs depuis la création de la chaîne y sont enregistrées. La sauvegarde se réalise sous forme de ‘’blocs de transactions’’ qui empilés les uns aux autres, forment une ‘’chaîne’’. D’où le nom de ‘’chaîne de blocs’’ ou  blockChain en anglais.

Les différentes transactions effectuées entre les utilisateurs du réseau sont regroupées par blocs. Chaque bloc est validé par les nœuds du réseau appelés les ‘’mineurs’’. Ces mineurs sont chargés de vérifier la validité des transactions bloc par bloc. Ils sont en général des particuliers, qui sont rémunérés pour mettre à disposition la puissance de calcul de leurs processeurs. Les problèmes mathématiques résolus par ces ordinateurs sont très complexes. On assiste alors au regroupement des mineurs et la création de gigantesques fermes d’ordinateurs.

Le fonctionnement d’une transaction à travers la blockChain peut être décrit en 5 phases :

A effectue une transaction vers B ;

plusieurs transactions sont regroupées dans un bloc ;

le bloc est validé par les nœuds du réseau au moyen de techniques cryptographiques ;

le bloc est validé, daté et ajouté à la chaîne de blocs (ou ‘’blockChain’’) à laquelle tous les utilisateurs ont accès ;

B reçoit la transaction de A.

Ce processus nécessite un certain temps de calcul selon le type de blockChain dont on parle :

approximativement dix minutes pour le bitcoin ;

15 secondes pour Ethereum.

Sécurité et application de la blockChain

La blockChain est une base de donnée décentralisée c’est à dire qu’elle est hébergée par une partie des utilisateurs. Elle ne peut qu’être hacker que si plus de la moitié des nœuds sont rompus simultanément. Les informations qui sont contenues dans les différents blocks (transactions, contrats etc…) sont protégées par des systèmes cryptographiques1. Cela empêche les utilisateurs de les modifier. De plus, le système de cryptographie est ‘’asymétrique’’ : c’est-à-dire qu’il faut deux clés différentes (une privée, une publique) pour opérer une transaction. 

Grâce à son caractère décentralisé, couplé avec sa sécurité et sa transparence, la blockChain permet des applications bien plus larges que le domaine monétaire. On peut les classifiez en trois domaines :

  • les transactions sur les actifs (utilisation monétaire, mais pas uniquement : titres, votes, actions, obligations…) ;

les applications en tant que registre : elle assure ainsi une meilleure traçabilité des produits et des actifs ;

les smart contracts : ce sont des programmes autonomes qui exécutent automatiquement les conditions et termes d’un contrat, sans intervention humaine une fois démarrés.

Les domaines d’application sont immenses et divers. On peut citer : la finance, l’assurance, l’immobilier, l’énergie, les transports, la santé, l’industrie pharmaceutique, l’agroalimentaire, le luxe, le commerce international, la distribution, l’aéronautique, le vote, l’industrie musicale etc…

Dans l’avenir on pense que les blockChain pourraient remplacer la plupart des « tiers de confiance » centralisés (métiers de banques, notaires, cadastre,…) par des systèmes informatiques distribués. Certains analystes pensent qu’elles pourraient dépasser certaines plateformes collaboratives.

Grâce à la blockChain en générale et aux smart contracts en particulier, les intervenants pourraient effectuer des transactions directement avec un tiers :

un chauffeur, sans intervention d’une plateforme comme blablacar ou Uber ;

un loueur d’appartement sans intervention d’une agence de location.

Dans les deux cas, on assisterait à une transaction de gré à gré. Donc pas d’intermédiaires ni de commissions.

Webographie

https://www.lesechos.fr/28/10/2017/lesechos.fr/030787214894_bitcoin–cryptomonnaies—qu-est-ce-que-c-est–comment-ca-marche-.htm

https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/030787214894-bitcoin-cryptomonnaies-quest-ce-que-cest-comment-ca-marche-2125947.php

https://blockchainfrance.net/decouvrir-la-blockchain/c-est-quoi-la-blockchain/

https://le-coin-coin.fr/dossiers/quest-ce-que-le-bitcoin/

https://www.cnews.fr/vie-numerique/2018-01-23/bitcoin-quest-ce-que-la-blockchain-la-technologie-qui-va-revolutionner-le

http://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/la-france-adapte-son-cadre-legislatif-a-la-blockchain-1322710.html#utm_campaign=Echobox&utm_

1Un système cryptographique est un ensemble des techniques (algorithmes ou méthodes de chiffrement), documents (textes clairs et chiffrés, clefs) et outils matériels (par exemple un processeur particulier, ou une machine) qui permettent le chiffrement de données (messages, fichiers, etc.) d’une façon particulière.


Moufid ABAYOMIMoufid ABAYOMINovember 27, 2018
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9min7330

L’objet de l’article est de déterminer si le bitcoin est une bulle spéculative ou une innovation monétaire. Les résultats de notre étude montrent que le bitcoin est une innovation monétaire qui a subi plusieurs bulles spéculatives du fait :

  • qu’elle n’est pas encore régulée ;

  • de l’engouement accru du public ;

  • et de l’intérêt des médias.

En effet, le bitcoin est un système de monnaie numérique décentralisée qui est essentiellement acquis à des fins spéculatives ou pour protéger l’épargne partout où l’inflation monétaire la menace. C’est la première crypto-monnaie décentralisée créée en 2009 par un  être mystérieux nommé Satoshi Nakamoto. Il est basé sur la technologie blockChain qui est une technologie de stockage et de transmission d’informations. C’est une énorme base de données contenant l’historique de tous les échanges effectués entre ses utilisateurs depuis sa création.

Le bitcoin ne répond pas totalement à l’exigence d’une monnaie souveraine. A titre d’exemple, il est décentralisé et n’est pas sous contrôle d’une banque centrale. En plus, il est tourné vers la désinflation à l’inverse des monnaies souveraines tournées vers l’inflation.

Lors de sa création, il cotait techniquement 0$ avant d’atteindre un record historique à 19800 $ en décembre 2017. A ce moment, il est devenu une nouvelle classe d’actifs sur lequel les banques d’investissement, fonds d’investissement, hedge fund créent des produits pour séduire leur clientèle. Il est utilisé dans l’économie réelle comme étant un moyen de paiement, une valeur refuge et un instrument de couverture pour certains investisseurs. L’offre en bitcoin est contrôlée par les mineurs et les acheteurs qui voient en lui un potentiel technologique. La demande quant à elle est créée par les investisseurs spécialisés et le public néophyte. Depuis sa création, elle a subi des anomalies de marché, des piratages de plateforme de change, des exit-scam lors des ICO et des manipulations de cours dues à des algorithmes de trading.

Il devient alors un sujet lors des grands sommets internationaux. Plusieurs consultations ont été menées par les institutions financières, européennes, asiatiques, américaines et mondiales. Les avis des régulateurs et des pays divergent sur sa régulation et sa taxation. En termes de perspective, on pense :

  • à la régulation par les états et les institutions financières des crypto-monnaies en général, du bitcoin et de la blockChain en particulier ;

  • qu’il y aura la création de nouvelles crypto-monnaies souveraines ;

  • la création de produits dérivés indexés sur le bitcoin tel que les warrants, les turbos, les produits structurés, les swaps et des opérations telles que le prêt-emprunt, le repo etc……

Tout cela permettra de stabiliser l’économie autour du bitcoin, de contrôler son extrême volatilité afin de ne plus assister à des successions de bulles spéculatives. Aussi il aidera à explorer les potentialités qu’offre la technologie blockChain. Quant à sa valeur, on voit son cours en dessous de 5000 dollars au dernier trimestre 2018.

Webographie

https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20141007trib09d1cb928/ce-que-signifie-l-emergence-du-bitcoin.html

https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/030787214894-bitcoin-cryptomonnaies-quest-ce-que-cest-comment-ca-marche-2125947.php

https://le-coin-coin.fr/dossiers/quest-ce-que-le-bitcoin/

https://www.buybitcoinworldwide.com/fr/cours-bitcoin/

https://cryptoast.fr/regulation-crypto-monnaie/

https://www.capital.fr/entreprises-marches/regulation-du-bitcoin-vers-un-laisser-faire-du-g20-1278207

https://bitcoin.fr/histoire


Moufid ABAYOMIMoufid ABAYOMIDecember 26, 2017
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11min4360

Les citoyens britanniques se sont prononcés le 23 Juin 2016 sur leur retrait de l’Union Européenne. Avec un pourcentage de 51.9% de voix favorable, la sortie du Royaume Uni de l’Union Européenne a été validée.

Tour d’horizon de l’impact de ce vote sur les deux parties.

Dans le premier article, nous avons évoqué les motivations qui ont suscité la sortie des britanniques de l’Union Européenne. Ces motivations sont diverses et englobent la politique de l’immigration, la souveraineté nationale, les échanges commerciaux, la politique européenne etc…

Cette sortie a de grands impacts sur le Royaume-Uni et l’Union Européenne. Nous évoquerons dans ce deuxième article, les différentes conséquences.

Le Royaume-Uni est le deuxième poids lourd de l’Union Européenne en termes de PIB derrière l’Allemagne. Ceci devient problématique au marché unique à la fois sur le plan politique, sociale et surtout économique. Ceci peut être source de réelle instabilité.

L’impact pour l’Union Européenne

Sur le plan politique, le parlement européen pourrait devenir gauche puisque 60% des 73 eurodéputés britanniques appartiennent au parti centre-droit et eurosceptique d’après une étude d’un groupe d’universitaire britannique de l’University College de Londres. Les politiques européennes plus à gauche sont : le développement de l’énergie renouvelable au détriment du nucléaire, ou la taxation des transactions pourraient se voir encouragées.

Le poids de l’Allemagne au sein de l’Union Européenne pourrait être renforcé puisque le Royaume-Uni servait de balance entre Paris et Berlin.

Sur le plan économique, Le Brexit ferait subir une grande perte au financement du marché de l’Union Européenne. La contribution du Royaume-Uni au titre de l’année 2015 était de £8,5 milliards soit 0.5% de son PIB.

Près de la moitié de l’ensemble des exportations du Royaume-Uni est destiné à l’Europe. Cela représente approximativement £222 milliards. De même au niveau importation, £290 milliards provient de l’Europe. La balance commerciale est énorme. Les sommes en jeu étant conséquentes, le secteur commercial devient un enjeu majeur dans les négociations entre l’Union Européenne et le Royaume-Uni. Le tableau ci-dessous est un récapitulatif des échanges commerciaux entre l’Union Européenne et le Royaume-Uni au titre de l’année 2015.

L’impact pour la Royaume-Uni

“Sans paraître ridiculement revancharde, l’UE ne rendra pas les choses faciles pour les Britanniques, car d’autres pays eurosceptiques souhaiteraient eux aussi quitter l’UE après le Brexit”, explique Tim Bale.

Bruxelles pourrait complexifier les renégociations des accords commerciaux britanniques et rétablir des droits douaniers au prix fort.

Au plan industriel, le Royaume-Uni serait affaibli puisque leurs exportations vers l’Union Européenne seront moins compétitives qu’auparavant. Concernant le secteur automobile, l’Union Européenne reste le premier client. Pour dynamiser ses nouveaux partenariats commerciaux, le Royaume-Uni devra être plus compétitif face à l’Union Européenne en termes d’importations vis-à-vis du reste du monde. Le Royaume-Uni peut par exemple réduire les taxes douanières sur le tabac qui est de 20% dans le cadre du marché de l’Union Européenne.

En cas de concurrence déloyale sur les prix des biens exportés à des fins commerciales ou stratégiques, le Royaume-Uni pourrait subir des règles d’anti-dumping1 sur certaines de ses exportations limitant donc sa marche de manœuvre.

Les marchandises exportées en Union Européenne devront subir la réglementation et directive liée aux conditions de production des biens exportés vers l’Union Européenne, pour la protection et sécurité des consommateurs.

Au niveau financier, la City pourrait perdre son “passeport” financier, c’est-à-dire le sésame que lui accorde l’Union Européen et qui lui permet de revendre des produits financiers fabriqués à Londres dans tous les pays membres. Sans ce sésame, plusieurs prestigieux fonds d’investissement tels que JP Morgan ou des banques comme HSBC pourraient quitter Londres s’ils veulent pouvoir continuer de servir leurs clients dans les pays membres. “Le Royaume-Uni sera moins attractif, et le marché s’en ressentira”, prédit aussi Tim Bale, qui rappelle que la livre sterling a chuté à chaque sondage donnant la victoire du Brexit.

Sur le plan social, certaines entreprises vont délocaliser vers d’autres pays de l’Union Européenne. Des milliers d’employés de banques pourraient quitter Londres pour une autre place financière. A ce titre, Francfort et Paris se battent afin de devenir la prochaine place financière.

Le Royaume-Uni se trouve dans une situation délicate, à travers des négociations intenses et complexes. Ces négociations sont caractérisées par une grande incertitude. Les conséquences se font déjà ressentir. Dans le prochain article, nous évoquerons les prochaines relations entre Royaume-Uni et l’Union Européenne.

1 La pratique du dumping consiste à vendre à l’étranger à un prix inférieur que celui appliqué sur le marché national. C’est-à-dire si une entreprise ou un Etat vend par exemple un produit plus cher en Allemagne qu’en France.


Moufid ABAYOMIMoufid ABAYOMIDecember 3, 2017
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Ce phénomène qui a fait le tout de la planète et en même temps historique pour le Royaume Uni et l’Union Européenne est appelé le « Brexit [1]».

Le processus de sortie suivra toute une procédure et prendra plusieurs mois. Cette sortie est de lourdes conséquences pour les deux parties d’où les interrogations suivantes :

  • Quelles sont les motivations ?
  • Quelles sont les conséquences pour le Royaume Uni et pour l’Union Européenne ?
  • Quels sont des impacts sur le secteur financier ?
  • Quelles les perspectives de relations en le Royaume Uni et l’Union Européenne ?

C’est autant de questions que nous essayons de répondre dans une série d’article consacrée au Brexit. Ce premier article évoque les motivations des britanniques de leur sortie de l’UE[2].

Les Britanniques avaient rejoint un marché économique et se retrouvent, sans avoir eu leur mot à dire, dans une union politique en marche vers une intégration croissante. Lors d’un sommet européen sur l’avenir du Royaume-Uni dans l’Union européenne, voici leur l’heure venue pour justifier leurs motivations pour un Brexit.

Le contrôle de l’immigration

“Je préfère être plus pauvre avec moins de migrants”, avait déclaré Nigel Farage, l’ex-leader de UKIP[3] et symbole de la campagne pro-Brexit.

Le Royaume Uni se sent envahi par un flux migratoire quelle ne peut pas contrôler suite à l’accord de libre circulation au sein de l’UE. Pour contrôler ce flux migratoire, elle durcit les conditions d’entrée sur son territoire pour les autres ressortissants hors UE. En quittant l’UE, elle pourra se définir ces propres directives en terme de politique sur l’immigration.

La restauration de la souveraineté nationale

Les britanniques vivent mal le déficit démocratique des décisions et textes d’une commission non élue. Comme exemple, les décisions de la justice Européenne ou de la cour des droits de l’homme sur les tribunaux britanniques.

Redéfinir les échanges commerciaux

Les britanniques souhaitent commercer librement avec le monde sans contrainte des textes en vigueur de l’UE. Ils souhaitent signer leur propre partenariat avec des économies fortes ou les pays émergent hors UE.

Suivre ses propres résolutions

Les patrons de PME[4] souffrent des normes et résolutions qu’imposent les textes de Bruxelles[5] sur la liberté d’entreprendre. A titre d’exemple, les pêcheurs se plaignent des normes imposés par l’UE et les agriculteurs, de la politique agricole commune. En ce qui concerne le secteur financier, la City se révolte contre les normes financières et des limitations des bonus des financiers.

Quitter une zone en déclin

Le naufrage des migrants, la crise de la zone euro, les politiques d’austérités, le renflouement de la Grèce sont autant de signaux qui montrent que l’UE est une zone en déclin. Vaut mieux quitter le navire pour mieux prospérer.

Voici les raisons majeurs qui ont suscité les pro-Brexit. Dans le prochain article, nous évoquerons les conséquences pour le Royaume Uni et l’Union Européenne et l’impact sur le secteur financier.

[1] Brexit : British exit

[2] Union Européenne est une association politico-économique sui generis de vingt-huit États européens qui délèguent ou transmettent par traité l’exercice de certaines compétences à des organes communautaires.

[3] Le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (en anglais : UK Independence Party), ou UKIP, est un parti politique britannique. Anti-immigration et eurosceptique, il milite pour le retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne.

[4] Petite et Moyenne Entreprise

[5] Bruxelles, siège de la plupart des institutions de l’Union européenne, est considérée de facto comme la capitale politique des 28. Cependant, l’Union n’a pas de capitale officielle et aucun projet ne va actuellement dans ce sens.

 

 

Webographie

Le Figaro La Tribune Wikipeadia



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